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Aménager les bâtiments pour accueillir des martinets

© René Dumoulin

© René Dumoulin

Les bâtiments anciens abritent souvent de nombreuses espèces d’oiseaux qui trouvent diverses cavités pour installer leurs nids. Mais les rénovations et les nouvelles constructions diminuent drastiquement les fuites et autres “aérations” au profit d’une meilleur isolation pour éviter les pertes de chaleur.

Martinets et moineaux sont les premiers touchés par ces modifications de l’habitat et leurs populations peuvent en souffrir, en ville comme à la campagne.

Le groupe de travail sur les martinets de Natagora a publié récemment des recommandations pour intégrer les martinets dans les travaux de construction ou de rénovation de bâtiments. L’article est disponible en ligne via ce lien. Il a été rédigé par la spécialiste de l’espèce en Belgique, Martine Wauters.

Le GT Martinet, se veut très actif, tant dans la sensibilisation que dans les projets concrets et les recensements de nids. Entre deux conférences, il faut suivre des travaux d’aménagements avant d’entamer les inventaires en mai et juin. Si vous êtes intéressés par ces oiseaux qui ne se posent (presque) jamais, vous pouvez aussi consulter le blog Martine(t) News, vous trouverez toutes les possibilités pour vous investir dans la protection des martinets.

L’un des derniers projets concrets du GT Martinet s’est mis en place récemment à Visé. Trente nichoirs ont été intégrés dans un nouvel immeuble à appartement situé le long de la Meuse, dans la future résidence des Martinets.

De nombreux outils existent pour les architectes ou les particuliers qui veulent créer des projets de bâtiments compatibles avec le biodiversité. À Bruxelles, l’IBGE consacre plusieurs pages web à des conseils sur le sujet.

Natagora propose aussi des conseils d’aménagements pour les hirondelles, les chouettes et les chauves-souris. Pour que nos bâtiments restent accueillants pour la biodiversité tout en devenant plus efficace d’un point de vue énergétique.

© René Dumoulin

© René Dumoulin

Savez-vous où sont situés les Bruants proyers et les Pies-grièches écorcheurs les plus proches de chez vous ?

La Pie-grièche écorcheur et le Bruant proyer sont deux espèces emblématiques des milieux agricoles. Elles fréquentent pourtant des milieux très distincts, la première affectionnant les paysages prairiaux parsemés de haies basses et la seconde étant retranchée dans les grandes cultures industrielles aux allures steppiques.

Voici comment accéder à une cartographie interactive de la répartition de ces deux espèces en Wallonie. Les cartes montrent la dernière année d'observation de ces espèces en Wallonie, au travers de zones tampon de 500 m (B. proyer) et de 200 m (P-g écorcheur)

Divers filtres ont été appliqués sur la banque de données de la COA pour sélectionner les données : uniquement en période de reproduction et uniquement avec une précision d'observation suffisante.

Les cartographies sont disponibles en visitant les liens suivants :

N'hésitez pas à utiliser ces cartes pour préparer vos sorties de terrain !  Pour la Pie-grièche écorcheur, qui s'étend de plus en plus, la recherche de nouvelles zones occupées et la visite de zones où les observations  sont assez anciennes sont deux options valables. Pour le Bruant proyer, dont le déclin est de plus en plus prononcé, l'idéal est de prospecter à l'intérieur des zones connues, afin de déterminer si l'espèce y survit.

La recherche ciblée de ces deux ces espèces est particulièrement utile. Les données récoltées peuvent servir à établir des cartes de répartition qui aident les conseillers de Natagriwal à mettre en place des mesures agri-environnementales (bandes aménagées, prairies de haute valeur biologique). Ces données sont également utilisées pour lors des rapportages sur l'évolution des populations d'oiseaux ou lors des projets LIFE de natagora.

N'oubliez pas d'encoder vos données de terrain sur observations.be

Le point sur la grippe aviaire en Belgique

Après le premier cas identifié le 31 janvier 2017 chez un éleveur amateur de volailles d’ornement de la région de Lebekke (à 20 km au nord-ouest de Bruxelles), un Cygne tuberculé adulte a été confirmé positif au virus H5N8 hautement pathogène à Oud-Heverlee (20 km à l'est de Bruxelles), le 21 février. L’oiseau a été trouvé mort, flottant sur l’étang d’une réserve naturelle gérée par l’ANB (= DNF en Flandre). Dans les deux cas, il n’a pas été constaté de contamination "secondaire" (= d'autres oiseaux), malgré la mise en place d’une surveillance ad hoc dans les environs. Les deux virus ont été isolés au CERVA (centre d’expertise vétérinaire des SPF Santé publique et SPF Agriculture – laboratoire de référence pour la grippe aviaire) et leur génotypage est en cours afin notamment d’évaluer dans quelle mesure les deux cas sont liés. Il s’agit donc des deux premiers cas de détection d’un virus d’influenza aviaire hautement pathogène chez des oiseaux en Belgique. En réalité, il s’agit du deuxième et du troisième cas, car le premier cas pour l’Europe du fameux H5N1 hautement pathogène a été isolé en Belgique le 18 octobre 2004 par le CERVA; l'échantillon avait été prélevé sur un Aigle montagnard Spizaetus nipalensis, saisi à la douane de l'aéroport de Bruxelles National, dans les baguages à main d’un passager en provenance de Bangkok. 

Cygnes chanteurs à Roly (photo Alain De Broyer)

Cygnes chanteurs à Roly (photo Alain De Broyer)

Ces deux cas de H5N8 hautement pathogène ne sont évidemment pas étonnants: inutile de rappeler que les oiseaux se déplacent au-delà des frontières et que l’épizootie ( = épidémie chez les animaux) touche quasi toutes les régions d’Europe, depuis le premier cas constaté en Hongrie en octobre passé.
 
Ce qui commence par contre à être un sujet de préoccupation est l’ampleur des mortalités chez les oiseaux sauvages. On peut l’estimer à des dizaines de milliers d’oiseaux appartenant à une trentaine d’espèces. La plupart sont des anatidés, mais pas uniquement. De surcroît, et dans une certaine (malheureuse) logique, on compte des espèces rares, fragiles, voire sévèrement menacées. Une dizaine de Faucons pèlerins, autant de Pygargues à queue blanche, des Autours des Palombes, au moins un Grand-duc d’Europe, tous trouvé morts, ont été testés positifs. Encore plus grave, au moins deux Oies naines ont été trouvées mortes en Hongrie. Ces deux individus appartiennent plus que probablement à la population nicheuse relictuelle de Norvège – la dernière d’Europe - qui compte seulement… 130 individus, qui hivernent jusque dans le Delta de l’Evros en Grèce. 

Que faire ? Pas grande chose dans l’état actuel des connaissances, si ce n’est empêcher que les foyers dans les élevages ne se propagent, en contaminent d’autres élevages ou des oiseaux sauvages. Et bien évidemment, participer à l’augmentation de la connaissance sur ce virus et son écologie.
 
Rester vigilant est ce que nous pouvons faire de mieux. Cela a parfaitement fonctionné dans le cas du cygne d’Oud-Heverlée puisque c’est une birdwatcheuse assidue de la vallée de la Dyle qui a repéré le cadavre, a alerté l’ANB qui a immédiatement envoyé une équipe récupérer le cygne pour l’envoyer au CERVA pour analyse. Dès les premiers résultats d’analyse connus, des bagueurs-collaborateurs de l’IRSNB ont capturé-bagué-relâché et réalisé des prélèvements sur des Cygnes tuberculés dans les étangs avoisinants et ont cherché l’éventuelle présence d’autres cadavres afin d’évaluer la possibilité de cas secondaires. La chaîne de collaboration a donc parfaitement fonctionné. Les consignes de vigilance sont spécifiées sur le site de l’AFSCA et du CERVA et ont été communiquées notamment aux 589 bourgmestres du pays.

En deux mots : si vous découvrez un Cygne ou un Grèbe mort, ou cinq oiseaux morts appartenant à une même famille et en un même lieu, avertissez s’il vous plait sans délai le DNF en Wallonie, l’IBGE à Bruxelles ou l’ANB en Flandre. Ce sont ces instances qui sont responsables de la collecte des cadavres découverts dans la Nature et de leur transport vers le labo du CERVA. Un grand merci d’avance !
 
Par ailleurs, afin que le dispositif soit le plus complet possible,  le Centre belge du Baguage organise tout au cours de l’année, à la demande et selon les prescriptions de l’AFSCA et du CERVA, la collecte des cadavres dans les CREAVES, CROH et autres VOC ainsi que la prise d’échantillons de liquide cloaqual sur des oiseaux des espèces sensibles au cours d’opération de baguage.